Passer au contenu principal

Église verte

Du vélo à un style de vie dans la durée

Découvrez le 6e et dernier épisode du témoignage du père Laurent Blourdier, curé en rural dans le diocèse d’Angers (Saumur puis Mauges) : une panne inattendue de voiture a complètement transformé sa façon de se déplacer et son action pastorale.

Lire le premier article   Lire le deuxième article   Lire le troisième article

Lire le quatrième article   Lire le cinquième article


J’avais pris le temps de relire mes 4,5 ans d’expérience de vélo. Vraiment très riche pour moi comme vous l’avez lu dans la première partie, et je pensais dernière partie. Cette relecture fait partie d’un « mémoire » qui m’a été demandé dans le cursus d’un Diplôme Inter-Universitaire sur l’Écologie intégrale. Retour donc sur les 3 premiers mois (automne 2025) de cette expérience de vélo dans mes 2 nouvelles paroisses.

Comment allez-vous arriver à tout faire ?

Le vélo introduit donc de la temporalité, disons un autre rapport au temps en termes de qualité et de quantité. Les paroissiens entendent bien la question de la qualité du temps, mais sur la quantité, cela grince. Encore, un prêtre âgé me disait récemment : « tout ce temps que tu passes en vélo, tu pourrais en faire autre chose ». Cela produit de la tristesse sur lui et le rappel de tout ce long processus de conversion écologique pour moi. L’autre a l’impression de voir un prêtre écolo, voire trop engagé, voire un prêtre aussi « pas complètement donné », y compris dans le temps et qui vit une passion autour du vélo ; moi, je vois en celui, qui me dit cela, une créature de Dieu prise dans la matrice d’une mono-pensée.

Évidemment, le film Matrix me revient souvent à l’esprit. Dans ce film, les humains vivent dans une illusion créée par des machines qui les asservissent. La plupart l’ignorent. Ils mènent une vie en apparence normale, mais tout est faux, de ce qu’ils voient à ce qu’ils ressentent. Seuls quelques-uns se réveillent et découvrent la vérité : le monde qu’ils connaissent n’est pas réel. Bien sûr cette comparaison sur le rapport du mode vélo/voiture est trop forte mais elle est quand même suggestive. Ceux qui sont dans la matrice créée ne peuvent penser autrement. Et puis il y a les résistants qui sortent de la matrice. Me revient une réflexion d’un prêtre âgé racontant son début de ministère dans les années 1960 : « Pour faire de la pastorale, il fallait absolument me payer une voiture, j’ai emprunté ».

Comment sortir de la Matrice ? Je mets ici une petite grille proposée par des critiques catholiques de cinéma. C’est inspirant.

A- Reconnaître la réalité du mal et de la tromperie

Ouvrir les yeux. Tout ce que propose le monde n’est pas bon, mais il y a aussi du bien. Ne pas vivre anesthésié. St Paul redit : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. » Rm 12,2.

B- Chercher la vérité avec humilité

Comme Neo, nous devons avoir faim de vérité. Cela exige prière, lecture de l’Écriture et formation doctrinale. La Vérité, c’est le Christ. « Je suis le chemin, la vérité et la vie » Jn 14,6.

C – Vivre les sacrements

La vie sacramentelle est la véritable Matrice. Le baptême nous libère du péché ; l’Eucharistie nous nourrit; la confession purifie l’âme des contaminations du système.

D – Discerner les signes du système

Apprendre à repérer les idéologies déguisées en compassion, les manipulations émotionnelles des médias et de lobbies, les offres de fausse liberté qui asservissent, la tolérance qui étouffe la vérité.

E – Se constituer en petite communauté

Comme l’équipe du Nébuchadnezzar, les chrétiens doivent s’unir en petites communautés, paroisses, groupes de foi qui refusent de plier devant le système. L’Église doit être l’espace de liberté au sein de l’illusion.

F – Être missionnaire de vérité

Celui qui est sorti de la Matrice ne doit pas rester seul. Il a une mission : annoncer, avec charité et sans peur qu’il existe un autre monde, une autre vie, que le Christ est vivant et qu’Il sauve.

Ce film est un peu comme une parabole, comme un récit de résistance, un narratif qui permet de nous aider à sortir de la « Matrice voiture reine de tout ». Les narratifs employés (les discours bien travaillés) par les constructeurs d’automobiles le savent très bien et ils sont très créatifs pour nous maintenir dans cette illusion. Pensons à leurs pubs, pensons aussi aux mensonges des constructeurs sur les gaz rejetés par les voitures. Vous vous rappelez du scandale du constructeur Wolkswagen. Il fut reconnu coupable de l’utilisation de, sur la période 2009-2015, de logiciels frauduleux conçus volontairement par la marque pour minorer les émissions polluantes de particules d’oxyde d’azote (NOx) et de CO2 de certains de ses moteurs au moments des tests lors de la construction, et avant commercialisation.

2 remarques :

  1. Justement, nous ne nous souvenons plus. Songez que 1 mois après ce scandale, en Maine et Loire, le niveau des ventes de voitures Wolkswagen étaient revenu au même niveau d’avant le scandale. Je n’ai pas réussi à retrouver les sources qui affirmaient cela à l’époque.
  2. Les autres constructeurs se sont bien gardés de critiquer ce constructeur « Ah ces méchants allemands ». La matrice est partagée dans son maintien par plusieurs bien évidemment.

Ma critique n’est pas pour dire que « la voiture est le mal incarné ». Je comprends juste maintenant qu’il faut avoir un mode de déplacement pluriel et que ce mode pluriel engendre des découvertes. Aucun mode n’est parfait d’ailleurs.

Je reviens maintenant au « comment vous allez tout faire ? »

Cela suggère que le prêtre a beaucoup à faire et que au nom de la pastorale, et donc pour tout faire, il faut une voiture.
Certains évoquent de fausses solutions : « l’Evêché pourrait vous payer une voiture » ou certains voudraient carrément m’offrir une voiture (y compris maman…bisous Mum). Un Monsieur d’un village excentré a lui aussi proposé de m’acheter une voiture. J’entends d’abord une belle générosité, aussi un sens missionnaire…mais pour moi, cela sonne « Matrice d’aujourd’hui ». Cela me renforce dans mes choix de mobilités pour des raisons d’écologie intégrale :

  • respect de l’environnement,
  • rythme humain,
  • et finalement volonté de Dieu.

Respect de l’environnement :

Parce qu’une voiture demande dans sa construction et son utilisation beaucoup d’énergie. Elle génère donc de la pollution dans ces 2 domaines. Nous pensons surtout au 2ème aspect mais il ne faut pas oublier le premier qui n’est pas visible à nos yeux d’utilisateurs. Pensons à un autre exemple : D’après le Programme des Nations Unies pour l’environnement, il faut 3 781 litres d’eau pour fabriquer 1 seul jean. Le secteur de la mode est le deuxième plus grand consommateur d’eau au monde.

C’est là qu’une nouvelle réflexion est venue pour moi sur les véhicules intermédiaires légers. Voici une définition : Cette famille de véhicules entre le vélo classique et la voiture comprend tous les modes de transport de moins de 600 kg, allant de 25 à 90 km/h. Il peut s’agir, par exemple, d’un vélo cargo, d’un tricycle protégé, un vélo-taxi ou d’une voiturette électrique.
Les véhicules intermédiaires sont légers. Ils nécessitent donc peu de matière lors de leur fabrication et peu d’énergie pour les faire rouler. Cette caractéristique est essentielle et fait du véhicule intermédiaire un moyen de transport bas carbone, peu polluant et silencieux. Je me suis mis à regarder ces différentes possibilités. 3 éléments importants pour moi : se protéger de la pluie, la construction des batteries et le financement.

Sur la rapport à la création, j’aimerai ici glissé quelque chose sur la contemplation. L’autre jour, en me déplaçant le long de la Loire, j’ai vu une pancarte « Interdiction de baignade » avec des numéros d’articles impossible à retenir. J’avais envie d’ajouter, sans effacer l’interdit « et vous avez le droit de contempler cette belle Loire ». Finalement, c’est très important aussi de proposer les pistes de contemplation.

A la suite des 19 visites sur les 2 paroisses, j’ai écrit 2 lettres aux paroissiens. Bien sûr, il y a des points communs. Je rapporte juste ici un passage relatif à la contemplation :

« …Il se trouve aussi que je prépare un Diplôme inter-universitaire sur l’Écologie intégrale que je dois conclure par un mémoire. Je suis en train de le rédiger et évidemment mon arrivée dans le coin marquera ce récit, je vous le partagerai. Vous l’avez compris, je ne crois pas que c’est en courant partout qu’on sauve le monde : un seul est Sauveur, nous coopérons à ce salut, je ne courrai pas… je pédalerai.
Sur le rapport à la création, je trouve que notre région est vraiment belle : contemplons.
Cela ne m’étonne pas qu’il y a des œuvres et des artistes de différents arts dans le coin. Le soir quand je revenais des visites, en plus de sr Lune et des sœurs étoiles, il y avait souvent un animal par soirée : des renards, des chauves-souris qui chassent, des lapins, un sanglier, des biches, des oiseaux, dame chouette, des ânes, des vaches…par contre je n’ai pas vu d’ours, ni de loup : peut-être il n’y en a pas dans le coin ? »

Oui contemplons et de contempler la nature, la création nous aide à contempler Dieu et d’être admiratifs aussi des gens et de soi-même.

Sur le rythme humain :

Une discussion dans un village m’a provoqué à dire « je ne courrai pas ». Étant de tempérament volontaire, si j’ai les moyens, je fais. Si j’ai à nouveau une voiture, je vais reprendre le rythme de prendre des réunions, des rencontres et des célébrations à droite et à gauche et cela ne me gênera pas de faire 30 kms par ci, 10 kms par là…j’enchaînerai tout ça surtout que j’ai pour l’instant une bonne santé et une bonne capacité d’adaptation. Je ne suis pas certain d’avoir la sagesse acquise suite aux 4,5 années de vélo. Celui-ci « m’impose » au fond un rythme. Ce n’est pas parce « qu’on peut, qu’on doit » pour le dire en peu de mots. Ce n’est pas parce que nous pouvons, que nous avons les moyens techniques et financiers que c’est bon éthiquement. C’est d’ailleurs un leitmotiv que nous retrouvons en d’autre matière comme la médecine par exemple. Cela amène un discernement. Pour me connaitre et parce que je ne suis pas certain de mes réactions, si je reprenais une voiture en complément du vélo, peu de chance que j’utilise les moyens de transports à bon escient. Vraiment, je ne suis pas certain d’avoir acquis complètement cette sagesse, il me faut encore dompter le « matricié » que j’ai été et que je suis.

Un 2ème aspect : les gens et les paroissiens perçoivent le prêtre comme quelqu’un de pressé, qui bat la campagne par vaux et vallées. C’est peut-être d’aspect généreux, mais au fond, ce n’est pas ajusté. Un papa ou une maman qui coure toujours a beaucoup de chance de louper le moment ou l’enfant veut jouer (et c’est capital pour lui), où l’adolescent demande un moment de discussion… Bref…je ne courrai pas !

et finalement volonté de Dieu

En cela aussi cela rejoint la pensée d’écologie intégrale. La première partie m’a montré que au fond, Dieu n’est pas étranger à tout cela : à travers ma réflexion et celles des autres, ce passant garagiste, les clins d’œil de la maman au Kway, de l’ange Marysa…alors si j’accueille tout cela comme un appel, je dois continuer la réponse. La réponse n’est pas faire du vélo toute ma vie peut-être mais en tous cas de toujours réfléchir à ma mobilité avec les critères d’écologie intégrale.

Je confie à Dieu tout cela, et je suis confiant…et je rends grâce à Dieu souvent pour ce « déplacement » dans ma vie humaine et spirituelle. Combien de fois, sur le vélo, je repense aux visites faites, je rumine les échanges…et des ajustements se font. Peut-être que je les ferais en voiture…mais ce n’est pas sûr. Tenez récemment, l’homélie de Noël, soit 2 mois avant est venu en pédalant. Je vous rassure parfois c’est en fin de temps de l’Avent. Mais Dieu donne quand il veut. Nous ne vivons pas sous le régime du mérite mais de la grâce : c’est capital de comprendre cela. Le vélo permet grâce à ses avantages et ses limites d’intégrer plus ce régime de la grâce. Il m’a été donné récemment lors d’une retraite cette réflexion de St François d’Assise.

« Lors d’un pèlerinage à Assise, j’avais été interpellé par une inscription relatant comment François, accueilli par Claire dans le petit couvent des sœurs, dont elle lui faisait visiter le jardin déjà bien entretenu, lui avait soufflé à l’oreille ce conseil que je m’efforce de ne pas oublier : « Ne cultive pas tout ton champ ! Sinon, comment pourrais-tu te réjouir de tout ce que Dieu fait pousser sans toi ? » La communion dont l’évêque est le serviteur n’est donc pas limitée à l’hypothétique maîtrise d’un espace dont il serait le gestionnaire avisé et consciencieux : elle n’existe qu’au service de la mission et, à cause de cela, elle nécessite une grande docilité à l’Esprit qui, comme le vent, souffle où il veut. Fondé dans la communion trinitaire et renouvelé à chaque eucharistie, le don de la communion, confié à l’évêque, nécessite de sa part un long et exigeant apprentissage de coopération avec l’Esprit, dans l’amitié du Fils.

[…] L’Esprit qui souffle sur un diocèse est aussi celui qui souffle dans le cœur de l’évêque, quitte, quelquefois, à lui « souffler dans les bronches », c’est-à-dire à le réveiller et à le secouer… Le confort de ses habitudes ou la paresse de son caractère l’empêchent d’être réactif et attentif aux appels de Dieu. Je parle d’expérience ! Mon prédécesseur, avant de partir, m’avait donné ce conseil d’une grande sagesse et d’une actualité constante : « Chaque fois qu’on augmente le poids de ta charge, toi, allonge le temps de ta prière. » Sinon – pourrait-on ajouter dans la veine de saint François – comment pourrais-tu te réjouir de tout ce que l’Esprit fait dans le cœur de ton peuple pour rendre encore plus féconde la tâche qui t’a été confiée ? Car te voilà devenu moissonneur de ce que tu n’as pas semé, pour la gloire de Dieu et non pour ta gloriole personnelle ! C’est donc d’abord dans la prière que se forge une certaine docilité au travail de l’Esprit, qui parfois peut bousculer les idées de l’évêque, le prendre par surprise, quelquefois même à revers. Mais l’Esprit prévient et accompagne toujours le cœur du pasteur pour que celui-ci, de docilités en conversions, accepte de se laisser configurer selon le Cœur de Dieu. Comme il est important, pour cela, que des petites fraternités d’évêques permettent entre nous le partage spirituel et l’amitié qui réconforte et aide au discernement !

Discours d’ouverture du cardinal Jean-Marc Aveline, Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, Mardi 4 novembre 2025

En reprenant le « rythme voiture » je perdrai cette contemplation, cette place à Dieu. Cette réflexion n’est valable que pour moi et non pour les autres. Peut-être pour paraphraser St François et pour l’actualiser à ma situation :

Continue de pédaler et d’utiliser plusieurs modes de mobilité ! Sinon, comment pourrais-tu te réjouir de tout ce que Dieu fait pousser sans toi ?

Si je puis me permettre d’être taquin, voire provocateur (hihan), je vais garder l’emplacement de mon vélo au presbytère. Je m’explique. Là où je vis, le rez de chaussée est la maison paroissiale et l’étage est pour la vie des prêtres. Je range donc mon vélo au rez de chaussée dans le couloir. Tous ceux qui viennent en réunion sont obligés de passer à côté du vélo, voire de le pousser parfois. On m’a proposé de le ranger ailleurs comme pour le cacher, ou pour ne pas déranger. Et bien, il restera dans le couloir comme pour dire aux gens « et toi, c’est quoi ton moyen de mobilité questionné par les principes de l’écologie intégrale ? ». Cela vaut bien une homélie sur l’écologie intégrale, n’est-ce pas ?

5 – Les points incertains

Pour discerner correctement la volonté de Dieu, il me faut mettre aussi les points qui restent en questionnement, les questions non résolues, les points incertains.

À propos de moi

J’ai 55 ans et donc un corps de 55 ans. Je suis en bonne santé, même si j’ai peu de cheveux. Les gens me donnent 10 ans de moins (quand je vous disais que les paroissiens sont gentils avec moi). Mais rien n’est certain pour la suite. Je pourrai avoir un accident, et en vélo, le vélo cycliste peut prendre très cher de conséquence sur son corps. Et puis mon corps pourrait vite descendre de niveau. Aujourd’hui j’ai la santé, cela ne garantit en rien dans ce qui se passera dans 1 semaine, 6 mois ou 2 ans.

À propos de la création

Sœur eau, lorsqu’elle prend son manteau de sœur pluie, abonde beaucoup ces derniers hivers. Nous le savons maintenant, il y a des modifications de notre climat (je ne parle pas ici de la météo qui est une conséquence du climat). Lorsque je fais plusieurs étapes dans mes pérégrinations, c’est très dangereux de rester mouillé. Chance d’enrhumé, qui est un moindre mal, mais aussi d’être plus profondément atteint au niveau des poumons. D’où la réflexion sur se protéger de sœur pluie l’hiver avec un moyen (vêtement plus conséquent, un véhicule léger intermédiaire couvert, une voiture louée pour l’hiver…).

Je dois avouer aussi que sœur chaleur et frère soleil entrent dans la danse et je tiens compte l’été de ceux-ci. Il ne s’agit pas de finir comme le ver de terre asséché qu’on voit sur le bitume. J’ai essayé de jouer avec sœur tempête une fois…trop forte pour moi, je perds systématiquement, les branches qui volent et ses coups de vents sont des armes trop puissantes pour moi. Lorsque sœur tempête est là, une seule chose à faire : attendre sous une solide cabane ou rester dans son terrier.

Je mets aussi ici la question du lithium que j’utilise pour ma batterie. Si l’ange Marysa m’a donné la solution de départ, je réfléchis à un mode de transport sans lithium pour les batteries de mon vélo. Il n’est nul besoin de rappeler les conséquences de l’extraction du lithium au niveau environnemental, au niveau de l’éducation des enfants et de rapport modifié entre les peuples par l’argent généré… Mais alors ….il me reste la marche ?! Où faire des concessions ? J’utilise bien un téléphone portable… Les 2 seules pistes intéressantes pour l’instant sont un vélo « normal » ou un vélo « à condensateurs ». À chercher encore. Tout en continuant la réflexion sur les autres modes de transport.

À propos des autres

Et bien il y a ceux qui ne disent rien, il y a ceux qui chercher à discuter et puis il y a ceux qui attaquent. Tous ceux-là, je les intègre désormais dans la discussion et vous l’avez vu dans cette relecture, c’est même nourrissant et suggestif… même une réflexion piquante est bonne car au moins on peut rebondir.

Non, le pire, c’est, cette masse de gens, de chrétiens et de prêtres qui ne changent rien à leur mode de vie. Nous savons, et nous ne voulons pas bouger. Comme dirait un vieux prêtre, intelligent et sage par ailleurs : « moi je sais bien où est le problème sur la conversion écologique, c’est moi ! Je ne veux pas changer certaines de mes habitudes. »

Aurai-je la ténacité de tenir bon à l’interpellation sur le drame d’aujourd’hui ? Parfois l’inaction des autres, voire même le jean-foutisme, l’indifférence des autres sont désarmantes et affligeantes. Cela rejoint ici tous ceux qui mènent des combats sur le prendre soin de soi-même, des autres, de la création et sur Dieu aussi. Sans doute le point ‘appui est de ne pas rester seul dans ses combats.

À propos de Dieu

Comme médité durant le mois de septembre dans la Bible, il faut s’ajuster aux intentions de Dieu, aux appels de Dieu. En prenant des sillons aussi « tranchés » qu’un mode à vélo, sans « avoir de voiture perso » et d’utiliser les différents autres modes, je peux prendre le risque aussi de ne pas oser sortir de celui-ci. C’est-à-dire d’être obligé de rester dans une étiquette « le curé à vélo ».

C’est Dieu qui pilote et jusqu’à maintenant il me donne des signes qu’il faut continuer. Mais il faut rester vigilant et libre à l’intérieur pour répondre aux appels de Dieu. Là aussi, ce n’est pas le vélo qui sauve le monde, c’est bien le Seigneur.

Conclusion ou perspectives

D’abord Alléluia pour ce 29 janvier 2021 où tout s’est accéléré pour moi. L’appel de Dieu était là et sa compréhension est  venue tout au long des jours. Un monde nouveau s’est ouvert à moi. Cela a permis des découvertes sur les relations à Dieu, les autres, soi-même et la création.

Avec ces 2 nouvelles missions au mois de septembre 2025, un style de vie durable, c’est-à-dire dans la durée, semble s’installer en moi. Les études du diplôme universitaire sur l’écologie intégrale m’ont permis d’alimenter cette réflexion et m’ont obligé à faire un récit de cette expérience. Par le biais de ce récit, cela m’a permis et me permet de partager mon expérience pour alimenter la réflexion des lecteurs. Vous l’avez compris, le chemin n’est pas fini et je prendrai le temps de relire encore cette expérience à l’été 2026.

Que Dieu vous bénisse !

P. Laurent

Fiche pratique déplacements    Témoignage de l’église évangélique libre d’Alésia

Partager